Visamemo

les échos du visage et de la personnalité

L’un des livres les plus marquant de l’oeuvre de Louis Corman vient d’être réédité, il est a nouveau disponible, par exemple,  sur Amazon.

Présentation de l’éditeur

Cet ouvrage du Dr Louis Corman est la Somme des études qu’il a poursuivies depuis cinquante années sur les relations entre les formes du visage et les traits de la personnalité. En découvrant en 1937 les lois de ces relations, Louis Corman en a fait une science qu’il a appelée Morphopsychologie, et dont il démontre dans cet ouvrage qu’elle obéit à des règles rigoureuses, basées principalement sur le double mouvement de la vie en expansion et en rétraction. Il montre également que la connaissance de ces lois morphopsychologiques débouche sur un art d’application qui conduit à une connaissance approfondie des personnalités individuelles par la lecture des traits de leur visage.
Son ouvrage, outre son caractère scientifique, développe donc aussi un enseignement pédagogique en indiquant aux adeptes comment on peut, par une pratique assidue, devenir un bon morphopsychologue.
Les applications de cette science humaine sont nombreuses. Elle apporte à notre connaissance de la médecine, de la psychologie, de la caractérologie, de la pédagogie, de l’orientation professionnelle, de précieux éléments d’appréciation qui la rendent plus sûre. Elle nous permet aussi une approche de la personnalité des grands hommes en nous faisant comprendre dans chaque cas l’œuvre à travers l’homme ; et, dans le même sens, elle renouvelle la lecture des grandes œuvres littéraires en nous permettant d’y mieux saisir les intentions profondes de l’auteur dans la peinture de ses héros.
Elle est enfin – mais nous aurions pu commencer par là – une méthode pour se mieux connaître soi-même, pour jeter un regard lucide dans le destin intérieur qui motive et dirige l’existence de chacun de nous.

En Morphopsychologie c’est aussi la rentrée des classes !

Il est encore temps de vous inscrire à l’Ecole de la Société Française de Morphopsychologie.

Dévenir Morphosychologue de la SFM c’est ajouter un sérieux atout à vos compétences en matière de Relations Humaines, mais aussi accéder à une meilleure connaissance de soi et de son entourage dans toutes les circonstances de la vie.

Pour en savoir plus et vous inscrire sans tarder c’est sur le site de la Société Française de Morphopsychologie.

Allez y c’est par ici

PHILIPPE DIZENGREMEL DRH dans une collectivité territoriale:
«Dans le poker, on retrouve plein d’émotions de la vie, notamment si la partie dure dans le temps. C’est atypique mais pas délirant non plus comme approche du recrutement. » Philippe Dizengremel, DRH dans une collectivité territoriale et ex-DRH de groupes industriels, accueille d’un œil plutôt bienveillant cette nouvelle méthode mise en place par la Jeune Chambre économique de l’Oise. Il enchaîne : « Il y a toutefois une chose importante : l’argent. Pour que le poker soit intéressant, il faut que le candidat soit en danger en jouant ses sous. S’il n’a rien à perdre, il ne jouera pas de la même façon. Avec une mise, il y aura des prises de risque, du bluff et même de la manipulation. Plein de choses que nous voyons quotidiennement dans le monde de l’entreprise », détaille-t-il. Et de conclure :
« Sur un CV, on voit un parcours, des compétences. Mais aujourd’hui, on a besoin de connaître les capacités d’une personne à s’adapter à une situation inattendue dans un laps de temps très court. Voilà ce qui est déterminant. 
Moi, je préfère la morphopsychologie. » 
 
Nicolas Maviel | Publié le 03.07.2012, 06h26
(LP/olivier arandeL.) - Copyright LE PARISIEN 2012

 

Un visage plus étiré, moins poupin, comme figé. Si Madeleine McCann est en vie, elle ressemble peut-être à cette enfant de 9 ans aux traits artificiellement vieillis. Le portrait de la fillette, disparue le 3 mai 2007 dans la station balnéaire portugaise de Praia da Luz, se veut réaliste. La police britannique, en le diffusant, espèresusciter de nouveaux témoignages et ainsi relancer le dossier. Mais si le recours aux images transformées est désormais courant, rares sont les photos “vieillies” àavoir permis de résoudre les cas de disparitions d’enfants.

Pour transformer le visage de Maddie, l’artiste et anthropologue britannique Tery Blithe s’est appuyée sur une multitude de photographies de la fillette et de ses parents au même âge. Les portraits rassemblés ont été intégrés à un logiciel de retouche, superposés et modifiés en tenant compte des observations des proches de la petite. “Chez les enfants, le crâne continue de grossir et les dents changent.[...] Confronter ces images à celles des [géniteurs] nous donne au moins des indications correctes sur les proportions du visage“, a expliqué l’experte au site de la chaîne canadienne CBC News.

Le procédé n’est pas nouveau. Le FBI utilise depuis le milieu des années 1980 des programmes informatiques permettant d’altérer par ordinateur l’apparence de personnes recherchées. En France, les premiers tests appliqués au vieillissement des enfants remontent à 1992. Facilités depuis par le développement des logiciels de traitement d’image et d’anamorphose, il se sont généralisés à la demande des autorités. Aimé Conigliaro, 55 ans, est l’un des seuls experts français à s’yconsacrer.

Cet ancien prothésiste dentaire a exercé pendant vingt-quatre ans dans le service de santé des armées avant d’intégrer, en 1997, le département anthropologie-thanatologie-odontologie de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie (IRCGN) à Rosny-sous-Bois. Cette branche, dirigée par un médecin légiste, compte seulement onze spécialistes. Tous sont militaires, à l’exception d’Aimé Conigliaro.

De part et d’autre du sombre couloir qui mène à leurs bureaux, une étrange collection de crânes, ossements et moulages divers peuple les armoires vitrées. La “touche décorative” tranche avec la simplicité toute administrative des lieux.“C’est notre petit musée des horreurs”, s’amuse Aimé Conigliaro en faisant le tour du propriétaire. Depuis qu’il officie à l’IRCGN, l’expert réalise en moyenne quatre ou cinq “vieillissements” par an. Il peut être saisi par un magistrat ou par un officierde police judiciaire, jamais par un particulier.

“LES YEUX ET LE SOURIRE NE CHANGENT PAS”

Une fois qu’il dispose du portrait, l’expert commence par positionner sur le visage 27 points anthropométriques. C’est en fonction de ces repères qui identifient les régions osseuses évoluant avec l’âge que les traits sont étirés. Selon les groupes biologiques de l’enfant (caucasien, asiatique, etc), les dimensions changent jusqu’à 25 ans. “En général, la base du nez s’épate, la lèvre inférieure, le menton et les oreilles s’allongent, explique Aimé Conigliaro. Il n’y a que les yeux, le sourire, les fossettes et la forme du front qui ne changent pas.”

 

L’image obtenue après étirement est convertie en noir et blanc. “Le but est d’éviter que le regard ne s’attarde sur des détails comme la couleur des vêtements”, note l’expert. Toute l’attention doit se concentrer sur le visage. Pour accentuer son vieillissement, Aimé Conigliaro dispose d’un panel de coupes de cheveux, de barbes et de lunettes. “Selon ce que nous choisissons, l’expression peut complètement changer”, explique-t-il. Plusieurs modèles sont donc soumis au magistrat. C’est lui, ou l’officier de police judiciaire en charge de l’affaire, qui tranchera.

Si on le compare au travail de certains portraitistes, le résultat obtenu peut apparaître approximatif, et même grossier. Les représentations “vieillies” deMaddie McCann ou d’Estelle Mouzin diffusées dans la presse ont un rendu moins artificiel que les images en noir et blanc produites à l’IRCGN. Pourtant, ces portraits ne sont pas nécessairement plus proches de la réalité. “Ce sont des photos d’art, observe Aimé Conigliaro. Nous, nous privilégions une démarche strictement scientifique. La patte de l’artiste implique une subjectivité qui peut nuireà la vérité.”

 

 

L’expert recourt éventuellement à des logiciels de “morphing” ou de fusion d’image, mais ces programmes ne s’imposent que lorsque le vieillissement àpartir de points anthropométriques a échoué. “L’idéal, selon Aimé Conigliaro, serait évidemment de développer un programme qui rassemble tous ces outils et nous donne surtout la possibilité de créer des représentations en trois dimensions. Nous avions commencé à élaborer un outil de ce type avec un chercheur de l’université de Marne-la-Vallée, mais le projet est resté en suspens.”

DEUX AFFAIRES DÉJÀ RÉSOLUES EN FRANCE

Depuis qu’elles sont couramment utilisées en France, ces techniques ont permis de résoudre deux affaires de disparitions d’enfants. La première concerne les frères Fortin, enlevés par leur père en 1998 et identifiés onze ans plus tard en Ariège. La seconde, Ruben Gruau, un enfant légèrement autiste kidnappé par sa mère de 2004 à 2010 avant d’être retrouvé par les autorités britanniques. Le jeune garçon est de nouveau porté disparu depuis janvier 2012.

“Pour les familles, le vieillissement des photos est toujours une bonne chose, puisqu’il signifie que l’enquête n’est pas close”, explique le président de l’association Aide aux parents d’enfants victimes (APEV), Alain Boulay. Son organisation, qui regroupe plus de 250 familles, lance régulièrement des campagnes d’affichage exposant les portraits “vieillis” réalisé par l’IRCGN. “La seule fois où l’entourage s’y est opposé, se souvient Alain Boulay, cela concernait Estelle Mouzin. Le père n’était pas satisfait du résultat et avait préféré s’adresser à un portraitiste américain.”

D’après le président de l’APEV, le dispositif de recherche des enfants disparus en France a longtemps pâti d’un manque de coordination entre services. Il a falluattendre janvier 2001 et la création de l’Office central pour les disparitions inquiétantes de personnes pour que le système gagne en efficacité.

Malgré ces efforts et la mise en place de correspondants disparition dans tous les département, certains cas n’ont jamais été élucidés. Yannis, Léo, Marion, Aurore, Tatiana, Céline, Estelle… Leurs noms continuent de hanter les esprits. Tout comme celui de Maddie.

Elise Barthet

Le Monde.fr 

 

 

Entretien avec le Docteur Roberto Caldara

Vous avez montré que la culture forme notre perception des visages et modèle notre cerveau. Mais existe-t-il aussi une part d’inné, de préformatage ?

Nous sommes en train d’étudier cette question avec des Chinois nés à Glasgow (Écosse). Certaines personnes montrent une stratégie asiatique, se focalisant sur le centre du visage, d’autres une stratégie occidentale, regardant bien les traits du visage. C’est assez surprenant : chez les Chinois nés à Glasgow, nous pensions que la stratégie serait occidentale, puisqu’ils vivent dans cette culture. En fait, ces sujets-là y arrivent très tard : les premières années de leur vie, ils restent dans la communauté chinoise. On étudie aussi l’hypothèse d’une influence génétique avec des Chinois adoptés, mais nous avons peu de participants.

De tels résultats permettent de se rendre compte que nous ne voyons pas tous le monde de la même façon.

Oui ! Car non seulement un Asiatique ne va pas réfléchir de la même façon qu’un Occidental, à cause de la morale, de ses valeurs, mais il n’use pas non plus de la même stratégie pour percevoir le monde. Alors que lorsqu’ils regardent une photo d’un tigre dans la forêt, les Occidentaux fixent l’animal, les Orientaux commencent à regarder ce qu’il y a autour pour avoir une représentation globale. Nous sommes très analytiques et ils sont très influencés par le contexte. Pour voir la différence entre deux images où il manque un élément, on est plus rapide si la différence porte sur un objet focal ; si le changement porte sur le tour, ce sont eux les plus rapides. Toutes ces différences remontent aux différences entre les philosophes grecs et les philosophes chinois. Prenons l’exemple du yin et du yang : en Asie, ils considèrent toujours à la fois le positif et le négatif pour donner une cohérence, ils ne prennent jamais l’un sans l’autre.

Pensez-vous qu’il existe dans le cerveau des aires spécifiques activées pour chaque culture et qu’à partir de ces cartes, ensuite, il est possible de prédire quelle est la culture de la personne ?

Nous sommes en train de tester cette question. Mais certaines études ont déjà montré des différences d’activation entre Asiatiques et Occidentaux ; d’autres, post-mortem, ont mis en évidence des différences morphologiques entre les cerveaux.

Est-ce que l’influence culturelle existe aussi lorsque l’on perçoit des expressions faciales ? Peut-on imaginer que la peur attire forcément l’attention autour des yeux, tandis que la joie est identifiée grâce au sourire, donc à la bouche ?

On vient tout juste de faire cette expérience ! Cette fois-ci, des Occidentaux et des Asiatiques devaient différencier sept expressions faciales (la joie, la peur, la tristesse, la colère, le dégoût, la surprise et la neutralité) sur des visages anglais et asiatiques. Nous avons trouvé que les Asiatiques utilisent beaucoup plus que les Occidentaux l’information qui provient des yeux. Par exemple, pour reconnaître la joie, ils n’utilisent pas plus la bouche que les yeux. Pourquoi ? Peut-être parce qu’ils expriment beaucoup moins intensément leurs émotions que les Occidentaux. Par ailleurs, les participants asiatiques nous ont confié être très habiles pour extraire des petites variations des expressions à partir de la région des yeux. Ils sur-utilisent donc cette région pour les expressions émotionnelles.

L’influence de la culture sur notre perception du monde pourrait-elle expliquer pourquoi, souvent, nous comprenons et éprouvons de l’empathie plus facilement pour une personne de la même culture ?

Je ne sais pas… Comme dans le film « Lost in translation », il peut y avoir de l’incompréhension parfois. Quand les Occidentaux vont en Asie, ils regardent les gens dans les yeux, qui eux les regardent dans le nez, ce qui est donc une situation un peu inconfortable ! Mais c’est tout ce que l’étude permet de conclure. ♦

Le Monde de L’Intelligence

Ronds, joufflus, à mâchoires carrées ou discrètes, à bouche fine ou charnue, aux grands yeux, au front étroit : chaque visage a une forme et des proportions spécifiques.

Que disent ces traits ?

Quelle impression véhiculent-ils ?

Dans quelle mesure peut-on y accorder crédit ?

 

En 2007, une équipe de psychologues, de l’Université de Stirling en Angleterre, publiait une étude surprenante sur le visage des politiciens. Au moyen de logiciels de transformation des visages, ces chercheurs avaient transféré des traits du visage de Tony Blair et de son rival William Hague aux élections générales de 2001 au Royaume-Uni, sur un même visage humain prototypique. Suite à cette opération, ce visage avait « quelque chose de Tony Blair » ou « quelque chose de William Hague », sans pour autant que quiconque ne soit en mesure de détecter l’identité des politiciens dans ces deux visages artificiels. Or quand on a demandé à des passants dans la rue pour lequel de ces deux inconnus ils voteraient en cas d’élections anticipées, ils ont été 53 pour cent à choisir le visage qui avait « quelque chose de Tony Blair » et 47 pour cent à choisir celui qui avait « quelque chose de William Hague ». Ces chiffres ont été confirmés ensuite à la décimale près par l’élection réelle.
 
Anthony Little et son équipe ont réalisé les mêmes expériences avec l’élection américaine entre George W. Bush et John Kerry en 2003, et avec les élections australiennes. Avec le même succès. Devant ces faits troublants, il est apparu que les visages transmettent un certain nombre d’impressions quant à la personnalité, et que ces impressions sont de diverses natures, qu’elles concernent l’autorité, la compétence, la maturité, et pas seulement le caractère attirant ou disgracieux. 
Les auteurs de cette étude ont pris soin de préciser qu’ils n’avaient pas identifié les caractéristiques des visages de politiciens qui assuraient leur succès. Pourtant, une réflexion est engagée depuis quelque temps dans les milieux scientifiques, sur les caractéristiques faciales qui transmettent une impression de beauté, et, parfois comme par contagion (nous préciserons cette notion), d’autres propriétés avantageuses de la personnalité. Que peut-on en dire aujourd’hui ? Comme nous le verrons, la plupart de nos réactions face à un visage sont dictées par des attributions de catégorie, c’est-àdire que nous sommes habitués à reconnaître certaines caractéristiques faciales chez les individus que l’on peut regrouper schématiquement en cinq catégories : les hommes, les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de malformations d’origine génétique ou développementale. Notre système visuel extrait d’un visage ce qui peut être rattaché à l’une de ces catégories sociales, et teinte en conséquence l’impression que nous en avons de divers attributs : juvénile, mature, compétente, sincère, saine, etc. 
 
Ces jugements présentent un point commun : le niveau d’attirance que l’on éprouve pour les visages. De nombreuses recherches ont montré que l’on part souvent de la perception de la beauté d’un visage pour en déduire diverses caractéristiques de la personnalité. C’est donc par cette qualité étrange – et si discutée par les philosophes – que la réflexion peut s’engager. 
 
Les canons de la beauté
 
La beauté du visage a fait l’objet de nombreuses recherches scientifiques qui ont permis de dresser un inventaire des caractéristiques qui rendent le visage plus ou moins « beau ». Au-delà de l’inventaire lui-même, le fait même qu’il ait été possible de le dresser montre qu’il existe des critères communs de la beauté, qui sont partagés par l’ensemble des membres de l’espèce humaine, voire par d’autres espèces animales. Leur existence remet en cause l’idée selon laquelle la beauté réside dans l’oeil de l’observateur, dépendant de ses goûts, de sa personnalité et de sa propre histoire. Mais quelles sont les caractéristiques les plus appréciées, et pourquoi le sont-elles ? En 1990, une idée originale a été mise en avant par les psychologues américaines Judith Langlois et Lori Roggman : un visage « moyen », dont chaque caractéristique (largeur du nez, taille des yeux, du menton, etc.) est intermédiaire par rapport à toutes les variantes qu’on peut trouver dans la population, serait particulièrement attirant. Pourquoi ? Probablement parce que ce caractère prototypique ne présente pas d’anomalies.
 
Dans le même ordre d’idées, certains travaux tels ceux des psychologues américains Randy Thornhill et Steven Gangestad, de l’Université du Nouveau-Mexique, ont montré que la symétrie augmente l’attirance d’un visage. Cela peut se comprendre à partir des études sur les comportements de reproduction animale. Dans bon nombre d’espèces, une asymétrie peut être liée à une anomalie génétique, ou se manifeste chez les individus qui ont été exposés à des perturbations environnementales – pollutions, températures extrêmes, parasites ou maladies. Dans ce cadre, la symétrie est un indicateur de la santé et de la valeur reproductive des concurrents. L’homme étant un animal (presque) comme les autres, ce modèle animal lui a été transposé avec un certain succès. Il convient de souligner qu’un certain nombre de pathologies génétiques ou environnementales s’accompagnent effectivement, chez l’humain comme chez l’animal, d’une asymétrie faciale plus marquée. C’est le cas par exemple de la trisomie 21 (appelée aussi syndrome de Down), mais aussi d’autres maladies plus rares, tel le syndrome d’Apert, qui a des causes génétiques et touche un enfant sur 100 000. 
 
La forme de certains traits faciaux semble également favoriser l’attirance. C’est le cas par exemple des caractéristiques sexuelles dites secondaires, qui différencient les femmes des hommes. Il existe ainsi des traits faciaux typiquement masculins ou typiquement féminins. Pour la femme, on a recensé un certain nombre de traits faciaux typiques : grands yeux, sourcils hauts et fins, petit menton, petit nez, arcades sourcilières peu prononcées, mâchoire étroite. Pour l’homme, on cite au contraire un menton fort, des arcades sourcilières prononcées, des yeux plus petits, des sourcils plus fournis et plus rapprochés de l’oeil. Ces caractéristiques sont plus ou moins archétypiques chez tel ou tel individu, ce qui peut le situer à divers endroits d’un continuum facial entre le pur féminin et le pur masculin. De façon générale, un visage est d’autant plus attirant qu’il présente des caractéristiques propres de son sexe ; par exemple, des sourcils fins et hauts pour une femme. La présence de traits caractéristiques de son sexe est alors interprétée comme indiquant un développement physiologique réussi, gage d’une adaptation fonctionnelle adéquate. 
 
Devant n’importe quel interlocuteur, nous interprétons instantanément et automatiquement ces différents paramètres comme des signes d’appartenance plus ou moins prononcée à un groupe social qui peut être celui des femmes ou celui des hommes. Les personnes que nous trouvons androgynes se situent à mi-course du continuum masculinité-féminité. 
 
D’autres caractéristiques faciales sont aussi associées à l’âge ou à l’état émotionnel. Pour l’âge, les caractéristiques qui apparaissent au moment de la puberté (par exemple, les pommettes deviennent plus saillantes) indiquent le statut postpubère de la personne, favorisant ainsi l’attirance : ils sont un signe que cette personne constitue éventuellement un(e) partenaire sexuel(le) dont l’union sera féconde. Toutefois, l’attirance sera également favorisée par la présence de caractéristiques néoténiques (qui évoquent l’apparence d’un nourrisson), tels de grands yeux, qui suggèrent une certaine jeunesse. Elle sera au contraire altérée par la présence de traits indiquant le vieillissement. 
 
Bien évidemment, les visages se déforment en fonction des émotions ressenties par un individu, et l’on peut par exemple citer le cas de l’intérêt qui s’accompagne de sourcils arqués. Mais certaines personnes ont naturellement une conformation des traits du visage qui évoque ces expressions. Pour revenir à l’exemple des sourcils, une implantation arquée des sourcils se présente naturellement chez certains individus, qui donnent ainsi naturellement l’impression d’être intéressés par ce qui les entoure. De même, des yeux légèrement plissés et une bouche dont les coins remontent légèrement donnent l’impression d’un tempérament jovial, et des sourcils en « V » suggèrent naturellement l’agressivité, par analogie avec les expressions naturelles des émotions. Allons plus loin et rappelons-nous qu’une des caractéristiques faciales féminines typiques, par opposition aux caractéristiques masculines, est la hauteur des sourcils, plus précisément la distance entre l’oeil et le sourcil. Une femme s’épilant le bas des sourcils accroîtra cette distance et le caractère de féminité qui lui sera implicitement associé. 
 
En tenant compte de ces différents éléments, les chercheurs qui s’inspirent du modèle animal – selon lequel l’attirance est déterminée dans le cadre de la sélection naturelle – font l’interprétation suivante : les caractéristiques faciales recensées sont attirantes, car elles nous informent sur les compétences reproductives de la personne. Elles le font au travers d’indices sur sa viabilité génétique et son état de santé, sur ses capacités d’adaptation sociale et fonctionnelle ainsi que sur sa disponibilité. L’apparente universalité de ces indices suggère même un certain déterminisme de notre sensibilité à leur égard.
 
Lire la compétence sur les visages
 
Le débat reste cependant ouvert. Beaucoup de chercheurs, notamment en psychologie et plus particulièrement en psychologie sociale, mettent en cause la validité de ces indices. Le débat porte sur la validité des théories dites physiognomistes
(dont la morphopsychologie est un exemple), qui postulent que les compétences et la personnalité peuvent se voir sur le visage. On se souvient par exemple des résultats d’une étude réalisée en 2008 à l’Université du Massachusetts : Nalini Ambady
et Oliver Rule avaient montré à des volontaires les photographies des dirigeants des 25 premières entreprises du classement du magazine Fortune, et leur avaient demandé d’estimer le degré de compétence, de dominance, de fiabilité et de maturité
des personnes en question. Les psychologues avaient constaté que les bénéfices des entreprises étaient liés aux scores que les volontaires attribuaient aux dirigeants dans ces différents domaines, sur la base de leur visage. La question se pose donc ; est-il légitime de se demander si certaines particularités de la personnalité se « lisent » sur le visage ?
 
L’un des postulats de ces théories physiognomistes est d’ailleurs que la beauté physique renvoie à une sorte de « beauté intérieure ».  ans ce cadre, un phénomène a particulièrement été étudié, il s’agit du stéréotype « Ce qui est beau est bon », examiné par les psychologues Karen Dion, Ellen Berscheid et Elaine Walster dès 1972. Dans cette étude, des volontaires devaient observer les photographies de trois personnes présentant trois « degrés » de beauté : peu attirante, moyennement ou très attirante. Les volontaires devaient estimer différents aspects de la personnalité de ces visages, notamment le succès professionnel ou le bien-être global dans la vie. Les résultats révélèrent que le niveau d’attirance est relié à ce que les auteurs ont nommé la désirabilité sociale, à savoir que les hommes et les femmes les plus beaux et attirants physiquement sont perçus comme ayant une réussite supérieure en société et occupant des postes plus prestigieux. On les considère aussi plus heureux.
 

3. La féminité se distingue sur les visages par quelques caractéristiques stables : la distance entre l’oeil et le sourcil, la hauteur des pommettes et les lèvres saillantes.

 

Belle, compétente, sympathique, honnête ?
 
De façon générale, en examinant de près un grand nombre de travaux consacrés à ce sujet, mon collègue Guy Tiberghien et moi-même avons retenu le fait suivant : lorsqu’une dimension d’évaluation a un pôle positif et un pôle négatif, les personnes attirantes se situent toujours plus vers le pôle positif de cette dimension. Ainsi, les personnes attirantes sont souvent jugées plus intelligentes ou plus compétentes, plus sympathiques, plus honnêtes, etc. Ces études, outre le fait qu’elles traitent de stéréotypes (ce qui diminue en soi la validité des déductions que l’on en tire), montrent que le niveau d’attirance d’un visage est utilisé involontairement pour tirer plusieurs conclusions à propos des divers aspects de la personnalité ou de la compétence d’une personne. 
 
Mais est-ce vraiment l’attirance qui suscite le jugement de compétence ? Des recherches plus précises ont montré que l’effet est plus complexe : il semble que certains traits du visage ont un effet à la fois sur l’impression de beauté générale et sur le jugement positif en ce qui concerne la compétence, l’intelligence, la maturité, etc. L’attirance et la compétence ne seraient que deux effets simultanés d’une même conformation faciale. Concrètement, les expériences montrent qu’un visage adulte aux traits matures est jugé plus compétent qu’un visage adulte aux traits néoténiques (évoquant la configuration faciale des enfants, avec des joues pleines, de grands yeux et une mâchoire peu développée). À l’inverse, le visage adulte à caractéristiques néoténiques est implicitement jugé plus sympathique et sincère. Ainsi, le visage adulte aux traits matures est doté de caractéristiques qui favorisent l’attirance et donnent l’impression de compétence. Le visage néoténique, quant à lui, est doté de caractéristiques juvéniles qui le font paraître moins compétent, mais plus sympathique, honnête et sincère. 
En conséquence, l’attirance ne favorise l’impression de compétence qu’à la condition d’être associée à des caractéristiques matures (et non si elle est associée à des caractéristiques néoténiques). 
 
Que peut-on finalement apprendre à la simple vue d’un visage ? Le système visuel permet d’apprécier avec une bonne fiabilité l’âge ainsi que le sexe, tout comme l’état émotionnel d’une personne. Il se pourrait même que certains aspects du tempérament, notamment les émotions les plus fréquemment exprimées par une personne, soient perçus par le biais de ce qu’on nomme les rides d’expression, qui fixent d’une certaine façon les expressions émotionnelles les plus régulièrement adoptées par un visage. 
 
Le visage est également un bon indicateur de l’état de santé d’autrui. Enfin, les variations faciales liées au sexe, à l’âge, à l’état émotionnel ou à des pathologies sont très proches, voire identiques, pour les différentes origines ethniques (et pour la majorité des espèces de mammifères). Tout comme certaines des caractéristiques psychologiques et sociales qui y sont associées. Ainsi, les jeunes enfants ont une tête proportionnellement plus grande par rapport au reste du corps et des yeux plus grands. Il n’est donc pas surprenant que les personnes ayant des caractéristiques faciales  enfantines soient considérées comme plus sympathiques, fragiles et sincères.
 
Les pièges du visage
 
Il est toutefois rare que les chercheurs ayant étudié l’attirance faciale aient inclus des enfants, des personnes trisomiques ou encore des personnes âgées dans la base des visages qu’ils donnaient à évaluer à des volontaires. Les variations dans les jugements d’attirance, qu’elles soient liées à la proximité du prototype, à la symétrie ou à certaines caractéristiques faciales, opèrent par conséquent entre des adultes ne présentant aucun problème de santé particulier. Si les critères que nous avons décrits influent sur les évaluations, ce n’est donc pas parce qu’ils indiquent un état biologique particulier, mais parce qu’ils l’évoquent. Cette nuance est capitale, car elle constitue évidemment une source d’erreur. En effet, les mécanismes cognitifs à l’oeuvre dans les évaluations de l’attirance du visage sont forcément des mécanismes de généralisation. Comme le cerveau humain est habitué à attribuer certaines caractéristiques aux personnes porteuses d’une maladie génétique, aux enfants ou aux personnes âgées, la présence de certains traits caractéristiques d’une de ces catégories sur un visage d’adulte sain entraîne un jugement en conséquence. 
 
La validité des conclusions que nous en tirons, qu’elle porte sur l’attirance ou sur une autre dimension, souffre de cette généralisation ; ce n’est pas parce qu’un adulte a gardé ses grands yeux d’enfant qu’il en a gardé la candeur… De même, si la trisomie est associée à un faciès particulier, une personne dont les traits tendent légèrement vers ce faciès n’est pas forcément porteuse de cette anomalie génétique, et n’en présente donc pas les particularités psychologiques. Surtout, les particularités qui sont généralisées relèvent assez souvent de stéréotypes (« les enfants ne mentent pas »), ce qui amenuise encore leur validité. Il faut garder cela à l’esprit quand on se sent animé d’un courant de sympathie pour une personne à cause de ses yeux ou de ses joues rebondies, ou quand on est gêné par un individu aux sourcils en « V », ou encore s’il s’agit d’embaucher un individu à la large mâchoire, qui semblera compétent sans l’être pour autant. 
 
La part de vérité dans ce que nous dit le visage est donc difficile à cerner. Même si par certains aspects le visage ne peut pas mentir, il est bien des domaines où la fiabilité des informations qu’il nous apporte est relative et discutable. L’accord universel entre les juges n’est pas un gage de validité ; il s’explique par la mise en place de processus de généralisation qui sont structurés par les caractéristiques morphologiques des différents groupes humains (les femmes, les hommes, les enfants, les vieilles personnes et dans une certaine mesure les personnes atteintes de maladies génétiques ou développementales). 
 
Les caractéristiques faciales associées aux différentes catégories sociales sont, elles, universelles et entraînent l’apparente universalité des avis à leur égard. Cette unanimité nous conduit à avoir des attentes comparables vis-à-vis de personnes qui présentent des traits du visage similaires. La question qui se pose dès lors est de savoir dans quelle mesure ces attentes ne vont pas constituer une pression sociale sur la personne, l’amenant à adopter le comportement attendu. Cette rétroaction aurait pour conséquence de confirmer le stéréotype et d’en augmenter l’impact sur la perception. C’est une piste à explorer.
 
Jean-Yves BAUDOUIN
maître de conférences à l’Université de Bourgogne et membre du Centre européen des sciences du goût (unité UMR-CNRS 5170).
 
Bibliographie
J.-Y. BAUDOUIN et al., Ce qui est beau … est bien ! Psycho-Sociobiologie de la Beauté, Presses Universitaires de Grenoble, 2004.
M. R.CUNNINGHAM et al., « Their ideas of beauty are, on the whole, the same as ours » : Consistency and variability in the cross-cultural perception of female physical attractiveness, in Journal of Personality and Social Psychology, vol. 68, pp. 261-279, 1995.
R. THORNHILL et al., Human facial beauty : Averageness, symmetry, and parasite resistance, in Human Nature, vol. 4, pp. 237-269, 1993.

 

 

Nouvelle coqueluche de la psychothérapie, l’intégration par les mouvements oculaires s’adresse directement au cerveau. Même si personne ne sait comment. Au 20e siècle, entre les deux guerres mondiales, un français, Georges Quertant, a élaboré un programme complet de rééducation des centres nerveux à l’aide de mouvements oculaires très précis. Les dernières découvertes des neurosciences confirment les relations étroites unissant l’œil et le cerveau. Une reconnaissance des vertus de l’oculomotricité ? Par Maxence Layet 

Paris. Quartier Montparnasse. Un soir, au pied de la Rue de Rennes. J’ai rendez-vous avec Georges Quertant. Du moins avec sa méthode, une technique globale de correction et de rééducation du système nerveux tout entier à partir d’exercices de micaromouvements oculaires. Rien que ça. Qualifiée de « culture psycho-sensorielle » par son fondateur, les praticiens formés à la méthode Quertant préfèrent employer le terme plus moderne de « neuro-pédagogie ». Expérimentale, méticuleusement élaborée entre 1912 et 1935, la méthode s’apparente en effet à une culture physique de haute précision, méconnue mais aux effets réputés. Capable ainsi de corriger par la vision, et elle seule, bon nombre de troubles fonctionnels. Des pathologies sans cause physiologique apparente mais dues selon Quertant à un problème d’influx nerveux. Insuffisant ou excessif, ces dysfonctionnements dépendraient des prédispositions, de l’histoire personnelle de chacun. Mon attente prend fin.

45 mins pour faire le point
Une salle, des chaises, plusieurs appareils côte à côte. Des pupitres, avec à leur bout des plaques aux cases colorées. Difficile de faire plus sobre. Une chose me frappe. La pièce est noire, totalement noire et dépourvue de toute décoration murale. « C’est à dessein », m’explique Franck Giraudeaux, le maître des lieux avec sa collègue Hélène Van Seters. « Il s’agit d’éviter toute distraction ou stimuli visuel durant les séances de travail oculaire. » D’où le choix d’une surface sombre, unie. « Si l’œil est en mesure de fixer quelque chose au-delà ou autour de l’appareil d’exercice, le cerveau aura plusieurs informations visuelles à traiter. Ce qui va perturber le travail de rééducation. » La séance de tests peut commencer. Je m’installe sur une chaise, face au premier appareil. Comme les autres, il s’agit d’une version modifiée du diploscope de Rémy, l’ancêtre des lunettes d’ophtalmologie inventé dans les années 1800 pour débusquer les fraudeurs du service militaire. Devant moi, derrière la plaque perforée, des couleurs. Ou une suite de chiffres, de lettres, disposées les uns au-dessus des autres. Très vite ma vision se brouille, va et vient. Par exemple, le nez collé sous mon repère, le regard au ras du pupitre, je vois des petits ronds répartis en deux colonnes colorées. Six cercles, parfois quatre qui dessinent alors un losange ou une croix imaginaire. En réalité l’appareil m’en propose neuf. Sur un autre poste, je discerne 5 paquets de lettres floues, superposées. Bizarre. Je force un peu, méfiant. Elles se dédoublent, puis reviennent se confondre. Rien à faire, je sais qu’il y en que 4 mais je ne peux les distinguer. Tout se mélange. Dommage.

 

… le moindre mouvement de l’oeil, ainsi infime soit-il, entraîne l’activation d’une quinzaine de zone cérébrales.

Saccades, vergences…et activité cérébrale
Quoi qu’on en dise, l’œil est une sacrée machine. Une caméra capable de toute une palette de mouvements, conscients et inconscients, afin de nous garantir la meilleure image possible, en toutes circonstances. Outre le nerf optique, dont les fibres nerveuses sont directement raccordées au système nerveux central, cet organe de très haute précision est cerné de six muscles « extra oculaires », quatre droits et deux obliques. C’est relativement peu, surtout comparé à la main par exemple. Mais leur action combinée, par couple agoniste ou antagoniste, dirige tous nos mouvements oculaires. « Lorsqu’on bouge l’œil de droite à gauche par exemple, seuls deux muscles sont activés. Regarder en haut ou en bas, par contre, nécessite l’activation de 4 muscles, » explique Zoï Kapoula, directrice de recherches et spécialiste de l’oculomotricité au LAPP, le laboratoire de physiologie de la perception et de l’action du Collège de France. L’accommodation, la capacité de l’œil à faire la mise au point, c’est-à-dire de conserver une image nette selon les distances, implique elle deux autres muscles, dits « cilaires ». Des tendons opposés qui commandent la déformation automatique du cristallin. D’autres muscles existent encore, pas forcément pris en compte. Quertant a ainsi répertorié « 16 paires de muscles commandés par 16 paires de nerfs », à l’origine de 6 000 mouvements oculaires de très faible amplitude. Des microdéplacements de l’œil de 1 cm à 0,008 mm. La première classification des mouvements des yeux est ancienne, elle date de 1903. Saccade, vergence, poursuite, fonction vestibulaire, torsion de l’œil autour de son axe… les catégories oculomotrices décrites à l’époque sont encore en usage aujourd’hui. « Les deux propriétés fondamentales du système visuel sont que l’on ne peut voir net que si l’image est stable sur la rétine, et que si celle-ci passe par la fovéa, c’est-à-dire le centre de la rétine » continue mon interlocutrice. « Les différents mouvements oculaires obéissent à ces deux contraintes. Par exemple la saccade qui est un mouvement très rapide et le plus courant, nous en faisons 100 000 par jour, amène l’objet à la fovéa. Si l’objet se déplace, la poursuite va le maintenir dans la fovea. Le vestibulaire stabilise l’image. La vergence, que j’étudie, est très importante pour associer le regard des deux yeux et ajuster l’angle des axes optiques en fonction de la distance, loin ou près. Etc. L’oculomotricité est donc une composante dynamique fondamentale de la vision. » 
Ce travail réflexe très élaboré implique en fait tout le cerveau. Du cortex au tronc cérébral, jusqu’au noyau qui contient les neurones contrôlant les muscles extra oculaires, le moindre mouvement de l’œil, aussi infime soit-il, entraîne l’activation d’une quinzaine de zones cérébrales. La cartographie cérébrale des saccades est désormais bien balisée. « Notamment les cortex occipital, pariétal, frontal, avec les nombreuses boucles d’interaction pariétal-frontal qui précèdent le mouvement, » récapitule Zoï Kapoula. « Au plan sous-cortical, celui du tronc cérébral où se trouvent les structures qui produisent la commande motrice elle-même, la neurophysiologie a bien établie les différents types de régions et de cellules qui produisent soit la commande « phasique » pour la vitesse, soit la commande « tonique » qui maintient l’œil dans sa position » poursuit-t-elle. « C’est pourquoi l’oculomotricité est souvent vu comme une sorte de fenêtre sur le cerveau. Car en étudiant les mouvements eux-mêmes, on peut inférer la commande centrale, le fonctionnement du cerveau. »

Mouvements rythmiques ou regard fixe
Au cabinet Quertant, le bilan s’achève et me laisse étourdi, vaguement déséquilibré. Les yeux, les nerfs, saturés de sensations inhabituelles. Normal. « La base de la méthode, c’est la bilatéralité des centres pairs » m’explique le praticien Quertant. « Nos centres de la vision travaillent ensemble, au centième de seconde. Mais il y a toujours un côté qui fonctionne trop par rapport à l’autre – on appelle cela une dissynergie. Les différentes étapes du test oculaire – effectué sur la vision de loin, puis en vision intermédiaire, à environ 50 cm, et enfin de près, à 30 cm – révèlent les détails de ce dérèglement du système nerveux. » Ce qui entraîne des réactions nerveuses hypo ou hyper, excessives ou insuffisantes, innées ou acquises, issues du stress, d’un surmenage. L’autre fondement de la démarche, c’est que le système sensorimoteur, la régulation neurovégétative, l’expression psychique, « ce que Quertant appelait les trois vies de notre système nerveux » précise Franck Giraudeaux, sont des éléments indissociables. Impossible de toucher à l’un sans toucher aux autres. En conséquence de cela, « la méthode utilise la vision, un aspect du sensori-moteur, pour rééduquer les deux autres. » Distincte des efforts de l’orthoptie ou des va-et-vient de l’EMDR, la rééducation Quertant se pratique en fixant une image immobile. « Il est bien plus difficile de regarder une image fixe longtemps qu’une image en mouvement, qui demande moins d’effort au système nerveux » justifie Franck Giraudeaux. Chaque séance d’exercice, 30 mn environ, consiste à contempler l’une des 50 images tests qui composent le programme – un assortiment de lettres ou de couleurs, c’est selon – jusqu’à la voir parfaitement nette, et surtout objectivement telle qu’elle est, sans déformation. On passe alors à la figure suivante, etc. Minutieuse et très progressive, la neuro-pédagogie prend du temps, demande de la persévérance. Résultat : le « training » complet dure 18 mois, 2 ans. Voire 2 ans et demi, au rythme d’une à deux séances de réapprentissage visuel par semaine. On est loin, très loin des 6 ou 10 séances des programmes d’intégration par les mouvements oculaires habituelles. Insomnie, migraine, troubles digestifs, anxiété, boulimie, anorexie, spasmophilie, énurésie, manque de concentration, troubles du comportement, échec scolaire, dyslexie, perte de mémoire, instabilité, angoisse, agoraphobie, claustrophobie, tics, timidité, bégaiement, problèmes sexuels, désordres hormonaux, dépression… la palette du « nervosisme », c’est le nom donné par Quertant aux troubles fonctionnels sans « raison » médicale, traités par la méthode peut surprendre. Elle est très importante, trop peut-être. D’autant que la rééducation serait efficace dans 90 % des cas. Et à vie. « Il ne s’agit pas d’une méthode miracle, mais d’une micro-gymnastique oculaire », corrige Franck Giraudeaux. « La technique peut résoudre certains cas de myopie, d’hypermétropie, ceux causés par des tensions musculaires inconscientes et non par une déformation du globe oculaire. » « La méthode Quertant ne soigne pas, elle normalise en permettant le retour à l’équilibre nerveux » insiste le praticien.

Se soigner par les yeux?
Pour un œil extérieur, le mieux-être apporté par les techniques à base de mouvements oculaires, comme l’EMDR, ou la méthode Quertant, est difficile à accepter. « Il est presque impossible, pour un médecin ou un thérapeute formé de façon classique, » témoigne le psychiatre David Servan-Schreiber qui a popularisé l’EMDR en France, « d’accepter l’idée que de faire bouger les yeux à un patient qui évoque les scènes les plus douloureuses de sa vie, – un viol qu’il a subi ou la mort d’un enfant – puisse soulager sa douleur de quelque manière que ce soit. Et pourtant, il existe désormais pas moins de dix-huit études contrôlées démontrant l’efficacité de l’EMDR dans le traitement des états de stress post-traumatique. » La raison du blocage, c’est que justement apparemment il n’y en pas. C’est à dire que l’on ne sait pas encore très bien « comment » ou « pourquoi » un tel effet est possible. Les spécialistes envisagent plusieurs pistes. « S’agit il du mécanisme qui réorganise la mémoire pendant les rêves (pendant lesquels les yeux bougent de droite à gauche derrière les paupières closes) et permet aux émotions douloureuses de s’exprimer puis de disparaitre ? » poursuit David Servan-Schreiber dans sa préface du livre de Francine Shapiro. « Ou d’une orientation soudaine de l’attention qui change les battements du coeur et toute la physiologie du corps facilitant par là même une réduction de l’anxiété, ou encore d’un état de conscience comparable à celui de la méditation ». Sans aucune certitude pour l’instant. 

Le constat est le même en ce qui concerne la binocularité. « La vergence est plus compliquée à analyser car il faut considérer les deux yeux. Mais on commence à progresser » estime Zoï Kapoula. « Les technologies en développement permettent une compréhension mieux intégrée, plus complète de l’oculomotricité. Car la plupart du temps saccade et vergence sont simultanées. Dans sa thèse, un de mes étudiants démontre justement, grâce à des études chez l’homme, que les mécanismes d’initiation de la saccade et de la vergence sont communs. Il y a des sous-mécanismes spécifiques, mais c’est une belle contribution à la compréhension de l’ensemble. » De quoi porter un jour un autre regard sur les thérapies oculomotrices ? 

“le Monde de l’intelligence”

Pour en savoir plus:

La Technique Dite « E.M.D.R » La technique de « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires », abrégé EMDR, l’acronyme de « Eye Movement Desensitization and Reprocessing », date de 1987. Mise en évidence par le Dr Francine Shapiro, cette forme de psychothérapie repose sur des mouvements oculaires rapides, guidés de droite à gauche. Ces mouvements, accompagnés de l’évocation de souvenirs traumatisants, activeraient un mécanisme d’auto-guérison propre au cerveau, le « système adaptatif de traitem…Lire la suite… 

Le Projet Cérébra En Angleterre, au Laboratoire Sensorimoteur de l’université de Plymouth, un autre système de diagnostic est en cours d’élaboration, toujours à partir des mouvements oculaires. Piloté par le professeur Chris Harris, le projet consiste en un test de dépistage précoce de maladies héréditaires neuro-dégénératives, de type Gaucher ou Niemann-Pick. Ces maladies rares s’accompagnent de lésions du cerveau à l’origine de mouvements oculaires caractéristiques. « Ce que nous essayons d’accomplir, c’… Lire la suite…

 

Petit à petit, les neuroscientifiques décodent les mécanismes cérébraux. Élément après élément, ils assemblent les pièces du puzzle. Parfois, ces pièces s’imbriquent bien, et ils pensent alors que la chose est acquise, que « C’est ainsi que cela se passe ». Et puis, de nouveaux résultats donnent une pichenette dans l’édifice et font sauter une pièce. Tout – ou presque – est à reconstruire.

Ainsi, quand il s’agit de comprendre comment le système visuel reconnaît les visages, toute certitude s’évanouit. Reconnaître un visage implique que les signaux visuels soient captés, transmis, analysés et que le résultat soit comparé avec les visages mémorisés. Alors vient l’identification. Tout cela a lieu en une fraction de seconde, et l’on identifie immédiatement des dizaines de personnes, quelles que soient les conditions, qu’il fasse sombre, que l’on n’ait pas revu cette personne depuis des années, qu’elle ait maintenant les cheveux courts ou teints, qu’elle porte des lunettes. Quelles sont les informations importantes : les yeux ? La bouche ? Le contour du visage ? L’analyse de ces éléments est-elle globale ?

Depuis la naissance des sciences du cerveau, l’étude des lésions a permis de comprendre à quoi sert telle ou telle aire cérébrale : en faisant le lien entre une lésion et le dysfonctionnement qu’elle entraîne, les neuropsychologues ont compris le rôle (du moins le rôle principal) des aires cérébrales. De la sorte, l’étude des personnes qui ne reconnaissent plus les visages – même ceux de leurs proches – révèle comment leur cerveau opère. Les neuroscientifiques ont ainsi reconstruit une partie du puzzle du traitement des visages (voir le Dossier : Voir et reconnaître, page 57).

Lorsqu’il s’agit de reconnaître les visages, le cerveau semble peu sensible aux illusions ou aux émotions. Pourtant, il se laisse souvent prendre dans les filets de ces deux pièges. En effet, l’un des résultats des neurosciences, sans cesse confirmé, c’est le rôle des émotions : le cerveau émotionnel est aux commandes.

Ces comportements émotionnels sont étudiés par les psychologues à différentes fins, notamment dans la sphère politique. Pour éviter qu’une charge émotionnelle trop forte ne risque de faire échouer certaines négociations difficiles, des psychologues établissent le profil psychologique des leaders. Ainsi, en connaissant mieux les caractères de chacun des protagonistes, on peut espérer les conduire à discuter et à négocier, alors même que certains ne voulaient plus se rencontrer (voir Quelles personnalités pour quels leaders ?, page 30).

Second piège : les illusions. L’infaillibilité des mécanismes de reconnaissance vacille quand on rencontre une fille qui ressemble beaucoup à sa mère, ou un fils à son père. Pendant une infime fraction de seconde, le cerveau semble déstabilisé. Comme si ce visage était celui de l’adulte qu’il connaît, tout en étant conscient d’une anomalie qui déclenche un conflit cognitif dû à l’impossible rajeunissement de la personne. Bien sûr, l’illusion est si brève que la confusion disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Un autre défi pour le cerveau : l’identification des vrais jumeaux !

Selon La Rochefoucauld : « Les défauts de l’esprit augmentent en vieillissant comme ceux du visage. » Le cerveau étant, malgré les pièges, si efficace pour reconnaître les visages, le vieillissement perturbe-t-il cette étonnante capacité ?

Françoise pétry

Ainsi, quand il s’agit de comprendre comment le système visuel reconnaît les visages, toute certitude s’évanouit. Reconnaître un visage implique que les signaux visuels soient captés, transmis, analysés et que le résultat soit comparé avec les visages mémorisés. Alors vient l’identification. Tout cela a lieu en une fraction de seconde, et l’on identifie immédiatement des dizaines de personnes, quelles que soient les conditions, qu’il fasse sombre, que l’on n’ait pas revu cette personne depuis des années, qu’elle ait maintenant les cheveux courts ou teints, qu’elle porte des lunettes. Quelles sont les informations importantes : les yeux ? La bouche ? Le contour du visage ? L’analyse de ces éléments est-elle globale ?

Depuis la naissance des sciences du cerveau, l’étude des lésions a permis de comprendre à quoi sert telle ou telle aire cérébrale : en faisant le lien entre une lésion et le dysfonctionnement qu’elle entraîne, les neuropsychologues ont compris le rôle (du moins le rôle principal) des aires cérébrales. De la sorte, l’étude des personnes qui ne reconnaissent plus les visages – même ceux de leurs proches – révèle comment leur cerveau opère. Les neuroscientifiques ont ainsi reconstruit une partie du puzzle du traitement des visages (voir le Dossier : Voir et reconnaître, page 57).

Lorsqu’il s’agit de reconnaître les visages, le cerveau semble peu sensible aux illusions ou aux émotions. Pourtant, il se laisse souvent prendre dans les filets de ces deux pièges. En effet, l’un des résultats des neurosciences, sans cesse confirmé, c’est le rôle des émotions : le cerveau émotionnel est aux commandes.

Ces comportements émotionnels sont étudiés par les psychologues à différentes fins, notamment dans la sphère politique. Pour éviter qu’une charge émotionnelle trop forte ne risque de faire échouer certaines négociations difficiles, des psychologues établissent le profil psychologique des leaders. Ainsi, en connaissant mieux les caractères de chacun des protagonistes, on peut espérer les conduire à discuter et à négocier, alors même que certains ne voulaient plus se rencontrer (voir Quelles personnalités pour quels leaders ?, page 30).

Second piège : les illusions. L’infaillibilité des mécanismes de reconnaissance vacille quand on rencontre une fille qui ressemble beaucoup à sa mère, ou un fils à son père. Pendant une infime fraction de seconde, le cerveau semble déstabilisé. Comme si ce visage était celui de l’adulte qu’il connaît, tout en étant conscient d’une anomalie qui déclenche un conflit cognitif dû à l’impossible rajeunissement de la personne. Bien sûr, l’illusion est si brève que la confusion disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Un autre défi pour le cerveau : l’identification des vrais jumeaux !

Selon La Rochefoucauld : « Les défauts de l’esprit augmentent en vieillissant comme ceux du visage. » Le cerveau étant, malgré les pièges, si efficace pour reconnaître les visages, le vieillissement perturbe-t-il cette étonnante capacité ?

Françoise Pétry – Cerveau & Psycho

Comment distinguons-nous une pierre ressemblant à un visage d’un vrai visage ? Selon une étude d’imagerie cérébrale menée par Ming Meng, duDartmouth College, aux États-Unis, et ses collègues, le cerveau répartirait l’analyse de l’image entre ses hémisphères gauche et droit : le gauche évaluerait le degré de ressemblance, tandis que le droit déciderait s’il s’agit ou non d’un visage.



Les chercheurs se sont penchés sur le gyrus fusiforme, une zone du cerveau présente dans chaque hémisphère et connue pour jouer un rôle dans la reconnaissance faciale. Ils ont soumis les sujets à une série d’images de plus en similaires à des visages en leur demandant de trancher : vrai visage ou illusion ? L’activité du gyrus gauche croissait graduellement, tandis que celle du gyrus droit était discontinue : tant que les sujets étaient confrontés à de faux visages, elle restait à peu près constante – malgré des degrés de ressemblance très variables –, mais elle changeait drastiquement lorsqu’ils identifiaient un vrai visage. Les chercheurs pensent alors que le gyrus gauche effectue une sorte de prétraitement, afin de mesurer le degré de ressemblance sans décider si l’image est un visage ou non, tâche réservée à l’hémisphère droit. Le gyrus droit s’activait d’ailleurs peu après le gauche, ce qui semble confirmer cette hypothèse.

Guillaume Jacquemont

Pour en savoir plus

M. Meng et al.Lateralization of face processing in the human brain,Proceedings of the Royal Society, en ligne, 4 janvier 2012.

 

 

Sophie et François, la quarantaine, travaillent tous deux dans le domaine médical. Depuis quelques mois, ils sont plongés dans une incompréhension mutuelle de plus en plus pesante. Pour sauver leur couple, ils décident de consulter une morphopsychologue. PAR ERIK PIGANI (article paru dans PSYCHOLOGIES MAGAZINE OCTOBRE 2011)

« Sophie était venue me consulter pour faire le point sur sa vie, se rappelle Janine Maréchalle, présidente de la Société française de mor­phopsychologie. En faisant son portrait per­sonnel, j’ai vu qu’elle était dans une grande souffrance. Ses traits, figés, tirés vers le bas et un peu atones, montraient une personne en train de traverser une période difficile. » La morphopsychologie apporte un éclairage sur la personnalité à un moment donné de la vie, celui de la consultation. Face à son consul­tant, et avec son accord – et non sur photo, comme certains le pratiquent -, le morpho-psychologue commence par déterminer ses potentialités et la façon dont il les vit. Le thé­rapeute cherche ensuite dans quelle mesure la morphologie peut révéler tel ou tel genre de difficultés, comment les différentes ten­dances jouent les unes avec les autres, quel est le meilleur point d’équilibre pour harmo­niser ses potentiels. Cette méthode n’est pas une chasse aux qualités et aux défauts, mais la découverte active des mécanismes psy­chologiques qui interagissent en nous. Au fil de la discussion, Sophie parle de son couple, de son impression d’être abandon­née par son mari. Chaque jour, elle collait des Post-it dans la maison, avec une simple ques­tion : « Est-ce que tu m’aimes encore ? » Il ne répondait jamais mais, parfois, lui ramenait un cadeau. « Elle avait le sentiment d’être achetée plutôt qu’aimée, poursuit Janine Maréchalle. Je lui ai proposé de venir me consulter avec son mari, ce qu’ils ont accepté. »

L’étude des visages est avant tout une lecture énergétique de l’être humain. « La forme est le résultat du jeu de deux forces antagonistes : la force d’expansion et la force de conserva­tion », expliquait Louis Corman, créateur de la méthode. L’expansion, c’est la croissance, qui se traduit par la dilatation : un mouvement qui va vers l’extérieur et exprime l’ouver­ture, l’élargissement de l’espace vital. Pour le corps humain, ce sont les formes rondes, larges, charnues. La « conservation » est un mouvement de concentration de l’énergie à l’intérieur de soi, qui se traduit par la rétrac­tion, un processus naturel de défense de l’or­ganisme contre les agressions extérieures : ce sont les formes allongées, étirées, creuses. Nous subissons tous ce jeu de forces com­plémentaires au cours de notre vie : il n’y a ja­mais de dilatation pure, ni de rétraction pure. Le visage est le siège de mille subtilités qui font de chacun de nous un être unique. Ces deux forces reflètent la tendance domi­nante de notre personnalité. Sur cette base, Louis Corman a mis au point une grille de lecture en trois étages : le front et les yeux traduisent notre degré de com­préhension rationnelle du monde ; les pom­mettes et le nez expriment notre perception intuitive ; la mâchoire et la bouche indiquent notre appréhension pratique du monde. Sophie était une « rétractée » en « expansion affective » : chez elle, les sentiments prédo­minent; François. un « dilaté », en « expan­sion instinctive », davantage dans le concret et la réalisation. « Au cours de cette séance de trois heures, je leur ai expliqué leur fonc­tionnement, raconte Janine Maréchalle. Elle, avec sa sensibilité, son besoin de partage, d’être avec les autres, de sécurité matérielle. Lui, avec sa puissance naturelle, sa capacité de réalisation et de réussite, son besoin d’ap­porter sécurité matérielle et affective. Ils ont longuement discuté entre eux et ont admis que leur couple reposait sur des sentiments solides, mais qu’ils ne parlaient pas le même langage. Ils ont ainsi pu établir de nouvelles conventions de communication. » 

Cet exemple montre une des qualités de la morphopsychologie sur laquelle Louis Corman insistait en disant « comprendre et ne pas juger » : la tolérance.

 

À LIRE Caractérologie et Morphopsychologie de Louis Corman : Une étude fine et détaillée qui montre comment et pourquoi la morphopsychologie peut donner des indications utiles sur la personnalité (PUF,1991).

 

L’historique

Dès l’Antiquité, Pythagore, Hippocrate ou Aristote se sont demandé si la forme de notre corps et de notre visage était le reflet de notre âme. Ce sont les premiers pas de la « physiognomonie ». À partir de la fin du XVIIIe siècle, cette idée est développée par des chercheurs comme Jean Gaspard Lavater avec sa « physionomie », ou René Le Senne avec sa « caractérologie ». C’est à la fin des années 1930 que le psychiatre nantais Louis Corman (1901-1995) tire une synthèse de tous ces auteurs, effectue ses propres recherches et crée la morphopsychologie. Desservie par nombre de charlatans, elle ne jouit pas d’une bonne image auprès des psys. La Société fondée par Louis Corman a pourtant compté et compte des personnalités telles que Françoise Dolto ou Yves Coppens.

Les praticiens

Société française de morphopsychologie Créée par Louis Corman en 1980 à Paris, cette association dispense une formation complète à Paris et à Nancy. Elle délivre les titres de morphopsychologue SFM et morphopsychologue conseil. Elle édite La Revue de morphopsychologie. Rens. : 06 64 378010 et morphopsychologie.org.

École française de morphopsychologie Fondée en 1981 à Nantes, cette école, dirigée par Carleen Binet, propose une formation selon la morphopsychologie de Louis Corman, des conseils personnels, et a mis en place un réseau d’intervenants disponibles sur demande. Rens. : 02 40 34 22 11 et carleenbinet.fr.

Brigitte Guthmann Auteure de plusieurs ouvrages de référence sur la morphopsychologie, Brigitte Guthmann est consultante, formatrice et coach. Elle a orienté son travail sur la découverte des talents propres et la libération du potentiel personnel. Rens. :01437144 02 et brigilleguthmann.com.

 

La reconnaissance d’un visage peut parfois faire défaut. C’est la Prosopagnosie, un trouble rare dont l’étude permet à la neurobiologie de progresser dans la connaissance de cette capacité si particulière  …

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À la différence des empreintes digitales ou ADN, notre visage ne laisse aucune trace tangible, et pourtant, par la magie d’une formule algorithmique, on peut aujourd’hui créer l’empreinte informatique du visage. Et si l’on s’interrogeait sur l’utilité des caméras de surveillance, la réponse est tombée : demain, la reconnaissance faciale va les… rentabiliser.

Certes, les résultats de la reconnaissance faciale ne sont pas aussi probants que ceux obtenus par les empreintes papillaires, mais le pourcentage d’erreur est toutefois acceptable. Bien loin du début des années 2000. Époque où le système avait été expérimenté en Floride, pour finalement se terminer par un fiasco. Le porte-parole de la police avait alors dit, en résumé : Nous n’avons arrêté aucun criminel. Ce truc ne sert à rien. Autres temps… De nos jours, le procédé est amplement utilisé aux E-U, soit pour « filtrer » les arrivants, dans les principaux aéroports, en fonction de leur apparence ethnique, soit pour détecter des suspects. On dit même qu’un logiciel scruterait le visage de chaque visiteur de la statue de la Liberté… Et bientôt (si ce n’est déjà fait) les policiers américains pourront télécharger une application IPhone qui leur permettra d’identifier un individu, simplement en le prenant en photo. Cela dit, lorsqu’on sait que là-bas les contrôles d’identité se font souvent la main sur la crosse du calibre, je me demande comment ils vont procéder… Au Québec, ce sont les casinos qui sont sur la sellette. On leur reproche d’utiliser cette technique pour détecter les clients indésirables. Et la reconnaissance faciale pourrait être utilisée pour les JO de Londres. Même si le sujet fait débat en G-B.

Renseignements pris auprès de la place Beauvau : pas question de fournir un Iphone aux représentants de l’ordre (je blague). Pourtant, au mois de juin, à l’Assemblée nationale, devant la Commission des Finances, Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale, a vendu la mèche : « Il faut améliorer la PTS (police technique et scientifique) et l’on se dirige vers la création d’un troisième fichier, de reconnaissance faciale, qui pourrait servir à l’exploitation des données de vidéosurveillance. » On peut noter que le premier flic de France ne parle pas de « vidéoprotection », cette déviance sémantique que l’on doit à Mme Alliot-Marie. Il y aura donc trois fichiers biométriques dans la police nationale, probablement interconnectés : ADN, empreintes digitales et « empreintes » faciales.

Donc, en associant les caméras de surveillance à un logiciel de reconnaissance des visages, il sera possible d’identifier les gens instantanément. Mais, pour cela, il faut une base de données, c’est-à-dire un fichier regroupant l’empreinte faciale d’un grand nombre de personnes. Le plus possible. Il semblerait que la CIA en ait trouvé une inespérée et entièrement gratuite : les centaines de millions de photos de Facebook.

En France, la tentation est forte d’utiliser la future carte d’identité biométrique. D’où, sans doute, les réserves formulées par la CNIL sur l’utilisation qui pourrait en être faite. Car elle comportera la photo et l’empreinte papillaire de huit doigts. (Pourquoi huit ? Sans doute pour simplifier le travail, car il est quasi impossible de mettre à plat les cinq doigts de la main en même temps.) Qu’on se rassure, pour l’instant, pas question d’enregistrer l’ADN. Ce que certains, sans doute, regrettent. On se souvient, il y a quelques années, des déclarations de M. Estrosi qui voulait prélever le code génétique de tous les nouveau-nés… Il faut faire attention, nous dit la CNIL, car les données biométriques ne sont pas des données comme les autres. Elles ne sont ni attribuées ni choisies, mais produites par le corps lui-même. En deux mots, elles sont propres à chacun, elles sont immuables, elles sont nous. Et en les mettant en boîte sans s’entourer de sérieuses garanties, on prend le risque de mettre à jour notre moi profond. Et sans nos petits secrets, que deviendrions-nous ? Tous identiques. Tous dans un même uniforme, nous serions de bons petits soldats. Et De Gaulle serait content, nous mangerions tous le même fromage.

En matière de police judiciaire, les avancées seront certaines. Il existerait, à titre expérimental, un système facilement transportable (une valise à roulettes) capable « d’aspirer » les données enregistrées par les caméras de surveillance. Ce qui permettrait de suivre, par exemple, le trajet emprunté par la victime d’une agression. En repérant, un individu en plusieurs endroits de son parcours, on tiendrait un suspect. Et l’empreinte de son visage serait exploitée par un logiciel de reconnaissance faciale qui permettrait soit de l’identifier, s’il est fiché, soit de suivre son trajet pour le localiser.

Mais le risque, évidemment, c’est de fliquer toute la population.

L’étape suivante sera peut-être la programmation neurolinguistique (PNL), que la série américaine Lie to me a mis en scène d’une façon caricaturale. En numérisant certaines expressions ou certains gestes, sera-t-il possible un jour de détecter sur un visage, la haine, la violence, la colère, la peur, l’envie, le mensonge… Les entrepreneurs sont aux aguets. Il y a là de formidables marchés à prendre. Si l’on peut comprendre l’utilité dans une grande surface pour tester les réactions des clients ; en matière de police, les résultats paraissentbeaucoup plus incertains. La PNL ne va pas remplacer le détecteur de mensonges - qui n’a d’ailleurs jamais remplacé la perspicacité d’un bon flic.

Ces objectifs de caméras qui, sans arrêt, nous épient ont un impact certain sur notre comportement. Qu’en sera-t-il demain, lorsqu’ils suivront nos déplacements de manière… nominative ? Je n’ose l’imaginer.

 

 

Morphopsychologie et parfumerie: quand Guerlain personnalise votre fragrance

La morphopsychologie n’est pas une science exacte et a été décriée pour ses dérives. Il serait néanmoins dommage de la dénigrer en bloc car elle offre la possibilité, quand elle est pratiquée sans abus, de se connaître mieux. Des professionnels proposent d’en faire un moyen d’harmoniser image interne et externe d’un individu, notamment dans l’univers de la parfumerie. 

Coiffeurs visagistes, instituts de relooking, mais aussi maisons de parfum  explorent les hypothèses soulevées par la morphopsychologie, connue comme étant l’étude de forme et des aspects humains qui sont en liaison avec les caractères. L’offre des professionnels ne peine pas à rencontrer une demande croissante aspirant à retrouver une nouvelle confiance en soi via la mise en valeur des atouts de la personnalité.

Pour le morphopsychologue, l’étude du visage se divise en trois niveaux : La partie supérieure, qui comprend le front et les yeux, traduit le degré de la compréhension rationnelle du monde ; la partie médiane, avec les pommettes et le nez, qui exprime la perception intuitive du monde ; Enfin, la partie inférieure, où se trouve mâchoire et bouche, qui indique notre appréhension pratique du monde. Les analyses se portent sur l’équilibre entre ces trois parties.

En étudiant la morphologie d’un visage, les morphopsychologues portent à la connaissance d’un individu, ou éclairent, les traits de son caractère. Ce faisant, ils lui permettent d’identifier ses forces et ses faiblesses et d’adapter en conséquence les attributs de son apparence en valorisant les premières tout en améliorant les secondes.

Ce peut être la tâche d’un parfumeur qui, en suivant cette démarche, sera capable d’identifier les préférences olfactives du client. La maison de parfumGuerlain offre  la possibilité de consulter un expert en parfum qui, à partir d’une étude de la morphopsychologie, va travailler avec des éléments d’études comportementales et de colorimétrie pour trouver un parfum qui convienne parfaitement.

L’expert vous confronte à un orgue à parfums, afin que vous choisissiez, parmi plusieurs univers olfactifs qui feront plus ou moins appel à vos souvenirs, les senteurs qui évoquent des moments de votre vie ou des sensations agréables. Au terme de la séance, deux ou trois parfums vous seront recommandés ainsi que des conseils sur la manière de se parfumer.

Plusieurs boutiques Guerlain vous proposent de tenter l’expérience.

 

 

Une base scientifique pour le délit de faciès ?

 

C’est une étude qui dérange, qui met mal à l’aise parce qu’elle ramène à la surface du débat scientifique des idées qu’on croyait définitivement coulées et à notre mémoire les images d’une période honteuse. Mais c’est précisément pour cette raison qu’il faut en parler. Publié le 6 juillet dans les Proceedings of the Royal Society B (qui traitent de biologie), cet article signe d’une certaine manière le retour de la physiognomonie, pseudo-science connue depuis l’Antiquité, qui visait à établir le caractère de quelqu’un en fonction des traits de son visage. L’un des plus fervents et célèbres défenseurs de cette théorie, aussi appelée “morphopsychologie”, fut le théologien suisse Johann Kaspar Lavater (1741-1801) qui rédigea La physiognomonie ou l’art de connaître les hommes.Dans ce livre, Lavater, que Balzac cita beaucoup au fil de la Comédie humaine, écrivait : “La physionomie humaine est pour moi, dans l’acception la plus large du mot, l’extérieur, la surface de l’homme en repos ou en mouvement, soit qu’on l’observe lui-même, soit qu’on n’ait devant les yeux que son image. La physiognomonie est la science, la connaissance du rapport qui lie l’extérieur à l’intérieur, la surface visible à ce qu’elle couvre d’invisible. Dans une acception étroite, on entend par physionomie l’air, les traits du visage, et par physiognomonie la connaissance des traits du visage et de leur signification.” La physiognomonie et son avatar, la phrénologie (l’étude du caractère par le relief du crâne), ont connu leur heure de gloire au XIXe siècle mais le début du XXesiècle en a aussi été bien imprégné, puisque cette théorie a été récupérée par les nazis (et Vichy) dans leur propagande raciste et antisémite.

Signé par Michael Haselhuhn et Elaine Wong, de l’université du Wisconsin (Milwaukee), l’article en question montre que, dans une certaine mesure, le rapport largeur/hauteur du visage prédit la tendance à agir de manière malhonnête, uniquement chez les hommes (cela ne marche pas avec les femmes) : plus le visage est large par rapport à sa hauteur, plus la personne aura un comportement contraire à la morale. Parfaitement conscients que leurs conclusions vont à rebrousse-poil du consensus actuel disant qu’aucun trait physique ne signale de manière fiable la moralité de quelqu’un, les auteurs s’appuient sur plusieurs éléments. Tout d’abord, quelques études récentes (ici et ) montrant que ce rapport largeur/hauteur est lié à l’agressivité chez les mâles de l’espèce Homo sapiens.

L’hypothèse des deux chercheurs est que ce caractère agressif, trahi par la forme du visage, a pour corollaire un sentiment de pouvoir, d’assurance, lequel se traduit par un comportement moins honnête. D’où l’idée d’effectuer deux tests. Le premier a consisté à faire jouer un jeu de rôle à près de deux cents étudiants en MBA. La moitié d’entre eux se mettaient dans la peau d’un vendeur d’une propriété immobilière tandis que les autres faisaient les acheteurs. Chaque vendeur avait pour consigne de n’accepter de céder son bien qu’à la condition d’avoir l’assurance que le futur propriétaire ne le transformerait pas en activité commerciale. Les acheteurs avaient, eux, la ferme intention d’en faire un hôtel et devaient donc la cacher… Pour ne pas que le visage de l’acheteur potentiel influe sur la décision du vendeur, et aussi pour garder une trace écrite des échanges et juger de la moralité dudit acheteur, toute la transaction se faisait par messagerie électronique. Au bout du compte, assez peu de candidats à l’achat se sont révélés des truands, mais ceux qui ont menti avaient effectivement tendance à avoir un visage plus large.

Pour la seconde expérience, les chercheurs ont imaginé un scénario différent. Les “cobayes” devaient répondre à une série de tests de personnalité, parmi lesquels était glissé un questionnaire sur le sentiment de pouvoir. En récompense du temps passé, chacun avait le droit de participer à une tombola pour gagner un bon d’achat. Le cobaye devait aller sur un site Internet pour faire rouler deux dés virtuels, additionner les résultats, ce qui donnait un nombre de 2 à 12 correspondant au nombre de fois où il pourrait participer à la tombola. Comme il n’y avait, pour les chercheurs, aucun moyen de connaître les résultats des jets de dés, chacun pouvait en réalité indiquer le nombre qu’il voulait. Mais les probabilités existent aussi pour dire qui triche… Les chercheurs se sont aperçus que les hommes au visage large trichaient davantage que les autres et que ce comportement n’était pas sans lien avec les résultats au questionnaire sur le sentiment de pouvoir…

Michael Haselhuhn et Elaine Wong ne vont pas jusqu’à réhabiliter le délit de faciès, plus connu sous le nom de délit de sale gueule. Au contraire. La prudence les incite à se méfier de leurs propres résultats, tout simplement, disent-ils, parce que certains visages peuvent se comporter comme des prophéties auto-réalisatrices. Exemple : une personne au visage carré pourra être perçue comme agressive. En réponse, les observateurs (l’environnement de cette personne) adopteront pour se protéger un comportement d’esquive, de méfiance ou d’exclusion, qui, par réaction, engendrera un comportement agressif chez l’individu en question. Malgré toutes ces précautions et tous ces bémols, je suis prêt à parier que ce type d’études va se développer dans les années qui viennent, pas seulement parce que l’idée de contrôler ou d’anticiper les comportements gagne du terrain, chez les hommes politiques, les DRH ou les spécialistes du marketing. Mais aussi parce que beaucoup de chercheurs pensent que les visages parlent vraiment. Des études ont ainsi montré que l’on pouvait deviner, avec des résultats meilleurs que ceux dus au hasard, l’orientation sexuelle d’un homme ou son affiliation politique

A la lumière de tout ceci, je vous invite donc à retourner sur un de mes précédents billets, celui qui parlait de la taille du pénis déduite du rapport entre l’index et l’annulaire de la main droite. A la fin de ce billet, je proposais un petit quizz avec trois personnages. A vous de me dire si, parmi eux, se cache un hétérosexuel de droite, menteur et à petit pénis.

Pierre Barthélémy

L’auteur

Journaliste depuis 1990, j’ai fait l’essentiel de ma carrière au “Monde” où j’ai dirigé le service Sciences et Environnement avant de créer les pages Planète en 2008. J’ai aussi été rédacteur en chef du mensuel “Science & Vie”. Auteur du “Code Voynich ” (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2005), joueur d’échecs, propriétaire d’un microscope depuis l’âge de onze ans et d’une petite lunette astronomique quelques années plus tard, j’aime les histoires que ces instruments nous racontent.
 

 

Nouveauté dans l’univers des Tests de personnalité de type NEO (modèle à 5 facteurs).

Ce Test de Personalité NEO-IPIP est gratuit et ouvert à tous.

Il a pour but essentiel de faire découvrir le plus largement possible le modèle de personnalité à cinq facteurs ou Big Five. Il a été développé principalement par deux chercheurs Lewis R. Goldberg et John A. Johnson  (voir le site ipip.ori.org).

  • Le modèle de personnalité à cinq facteurs a fait l’objet de nombreuses publications et constitue un des plus larges sujets de recherche au plan mondial dans le ce domaine.
  • Plusieurs tests de personnalité s’appuyant sur le modèle à 5 facteurs sont actuellement édités par différents auteurs. Le plus connu est le NEO-PI-R™.
  • La particularité du NEO-IPIP est d’être publié. Il est donc accessible à tous, librement et gratuitement.
  • Le NEO-IPIP (International Personality Item Pool) est maintenant traduit dans de nombreuses languesVisa.memo propose une localisation en Français ici.

Exemple de résultat du test de personnalité NEO-IPIP:

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Plusieurs études relance le débat inné-acquis, en particulier du coté de la théorie de la personnalité à 5 facteurs et des vrais jumeaux …

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La connaissance progresse à grand pas dans le processus mental de conscience de soi …

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Les femmes détectent mieux la peur et le dégoût que les hommes et expriment mieux ces émotions.

Marie-Neige Cordonnier

Combien de temps vous faut-il pour décoder une émotion sur un visage ? Si vous êtes une femme, vous serez sans doute plus rapide qu’un homme. C’est ce qu’ont montré des neuropsychologues de l’Université de Montréal en mesurant ce laps de temps chez 23 femmes et 23 hommes âgés de 18 à 43 ans, sans troubles neurologiques ou psychiatriques.

Ces sujets avaient pour consigne d’identifier le plus vite possible la peur ou le dégoût sur le visage d’acteurs et d’actrices filmés pendant 500 millisecondes: les comédiens partaient d’une attitude neutre et simulaient l’une ou l’autre des émotions. Les sujets ont répondu en 150 à 2000 millisecondes, et les psychologues ont observé que les femmes répondaient plus vite, que le stimulus soit seulement visuel, seulement auditif ou les deux. En outre, peur et dégoût étaient mieux différenciés lorsque l’acteur était… une actrice.

Cette étude suggère que non seulement les femmes décryptent mieux les émotions, mais qu’elles les expriment aussi plus clairement. Ces différences comportementales pourraient être dues à des variations neuroanatomiques des régions du cerveau impliquées dans le traitement des émotions, comme les noyaux amygdaliens. Plusieurs études ont montré de telles variations d’un sexe à l’autre dans l’architecture, la fonction ou l’activité de ces régions.

L’origine de ces différences reste à préciser. D’une part, certaines différences décelables très tôt chez l’enfant, comme la préférence de jouets selon le sexe de l’enfant, seraient inscrites dans les gènes. Les psychologues évolutionnistes proposent qu’au fil des millénaires, la femme ait acquis une disposition biologique à traiter plus efficacement les émotions pour mieux répondre aux besoins des nouveau-nés et mieux protéger sa progéniture d’un adulte menaçant. D’autre part, les facteurs socio-culturels jouent aussi certainement un rôle dans la perception différente des émotions chez l’homme et la femme. Dès les années 1970, des psychologues ont proposé que les stéréotypes sur le rôle de l’homme et de la femme dans nos sociétés influent sur leur comportement, encourageant par exemple les femmes à être à l’écoute des autres. Cet apprentissage développerait leurs capacités de jugement des émotions d’autrui.

Ces travaux précisent un domaine très étudié depuis quelques années, celui des émotions, dont les neuroscientifiques mesurent de plus en plus le rôle essentiel dans le comportement individuel et social. Par ailleurs, on sait que certaines maladies mentales affectent différemment les hommes et les femmes. C’est, par exemple, le cas de l’autisme, qui touche plus les hommes que les femmes, et qui se manifeste notamment par des difficultés à reconnaître et à exprimer des émotions faciales. Les travaux sur la reconnaissance des émotions apporteront peut-être quelques éléments pour mieux comprendre ces troubles.

POUR EN SAVOIR PLUS

O. Collignon et al., Women process multisensory emotion expressions more efficiently than men, Neuropsychologia, 2009 (sous presse).

 
Dans le cadre des ateliers de l’orientation de l’IDRAC (pour plus d’informations cf article de l’IDRAC NEWS du mois de mars ), Mme Crespel Taudière intervient auprès des élèves de l’IDRAC, tous niveaux confondus, afin de les aider dans leurs choix.
Interview de Mme CRESPEL-TAUDIERE :

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis graphologue et Morphopsychologue. J’ai créé mon cabinet qui s’appelle Sémaphore, il y a 11 ans. J’interviens en recrutement, gestion des ressources humaines, formation ou encore en orientation scolaire.
Mon rôle est de conseiller une entreprise sur le profil d’un futur collaborateur. J’interviens donc à la fin d’un recrutement quand il ne reste que 2 ou 3 candidats, je peux également recevoir l’intégralité des courriers en réponse à une annonce et donner des orientations à mes clients. Je vais aussi pouvoir intervenir dans le cadre de l’évolution d’un collaborateur au sein d’une entreprise par exemple.
Mon rôle est de faire la part des choses sur la personnalité des candidats. Je peux donc intervenir sans forcément les connaître et même sans me déplacer car je n’ai besoin que d’une photo et d’une trace écrite.

Qu’est-ce qu’un/une morphopsychologue ?

Son rôle est de comprendre la personnalité d’un individu, ses dispositions, ses talents, ses atouts par l’observation de son visage.

Comment devient-on morphopsychologue ?

Il faut suivre une formation à la S.F.M (Société française de Morphopsychologie). Cette organisme a été créée par le Dr Louis Corman en 1980, sous la forme d’une association à but non lucratif. C’est le seul organisme habilité à délivrerle titre de morphopsychologue SFM et le titre de morphopsychologue – conseil (Titres déposés à l’INPI), conformément aux directives de son fondateur le Dr Louis Corman.

Pourquoi la morphopsychologie est-elle intéressante dans l’orientation ?

Avant toute chose, je demande aux personnes que je rencontre ce qu’elles attendent de moi et ce qu’elles recherchent. C’est une formule totalement interactive qui permet de faire une interprétation du portrait de la personne. L’entretien que je fais avec les élèves de l’IDRAC durent 1 heure pleine. Pendant les 40 premières minutes, je dresse le portrait en fonction des traits du visage avec une orientation professionnelle puisque c’est ce que cherchent le plus souvent mes contacts. Les 20 dernières minutes sont un échange interactif.

L’IDRACIEN a-t-il un portrait type ?

Non, les élèves de l’IDRAC ont tous une personnalité bien à eux. Néanmoins, des traits de caractères leurs sont communs :

  • Prise en main de ses propres choix
  • Relative Energie
  • Envie d’entreprendre
  • Maturité

 

L’être humain est capable de reconnaître un visage parmi des centaines d’autres en quelques fractions de secondes …

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